Jeudi 25 septembre 2008
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14:50
Entre le monde et moi il n'y a...rien. C'est comme si je n'avais pas de peau. Pas de carapace. Rien pour me protéger du monde extérieur. Le moindre soucis, la moindre merde, je me la prends en
pleine face. Comme si j'étais à vif. Une hypersensibilité au malheur. Et une très mauvaise résistance.
Après avoir tenté d'appeler le serveur de samedi, j'ai eu droit à un charmant sms (hier donc), pour le moins expéditif : "Je crois en fait que c'est pas du tout une bonne idée. Désolé de t'avoir
fait croire le contraire."
Courageux, n'est-ce pas? J'ai demandé un semblant d'explication mais il n'a pas cru bon de répondre. Je devrais me dire : tant pis, y'en aura d'autres. Sauf que, sur le coup, seule comme une
conne dans mon appart', j'ai littéralement craqué. Toute la tension accumulée depuis ces derniers mois s'est déversée d'un coup et le barrage de larmes à cédé. Je n'ai fait que ça: pleurer,
pleurer, pleurer. Comme si c'était tout mon univers qui s'éffondrait. Je ne le connais pas, et ce n'est pas à lui que j'étais attaché. C'était à l'idée de plaire, à l'idée qu'un autre garçon que
mon ex avec qui je suis resté plus de quatre ans soit intéressé par moi. J'ai perdu foi en ma capacité de plaire. J'ai tendance à me croire invisible. Là, ça me faisait un bien fou de voir cette
jolie lueur dans le regard de l'autre. Ca me faisait du bien et j'ai tout misé sur ce parfait inconnu. Au lieu de me préserver et de m'armer un peu, j'ai baissé la vigilance et je me suis livré
corps et âmes. C'est sans doute ça qui l'aura fait fuir. Peut-être qu'il aura vu que j'attendais trop de lui, et il est évident que ça ferait fuir n'importe qui. J'ai du mal à exister par
moi-même. J'ai du mal à être une personne à part entière. Je crois trop que mon bonheur ne dépend que des autres.
J'aurais préféré qu'il dise non tout de suite. Pas après coup. Pas après m'avoir laissé mariner. Voilà. C'est tout. J'ai un peu honte d'avouer tout ça comme ça, ça fait un peu désespéré, mais
j'ai juré d'être honnête sur ce blog, même quand c'est pas beau à voir. J'ai pas encaissé le coup et je me suis effondré. Fin de l'histoire. Ca me passera, c'est sur. N'empêche que, quand on y
regarde bien, d'un point de vue purement objectif, c'est rien du tout ce qui m'arrive. Ca arrive dans la vie de tout célibataire qui se respecte. On se prend des mini claques dans la tronche et
on repart parce qu'au final y'a pas mort d'homme, loin de là. Mais je me demande bien, quand je vois à quel point j'ai déchanté, ce qui se passera le jour où il m'arrivera quelque chose de
vraiment grave? Comment est-ce que je vais réagir si déjà je m'effondre pour un truc aussi petit?
Toute la nuit, alors que j'étais épuisé par ce rhume et par les larmes, j'étais en train de me demander pourquoi je continuais. Pourquoi je continuais à vivre. Pourquoi est-ce que je ne trouvais
pas la force de mettre fin à tout ça. Je sais que c'est un ensemble, une sale période. Je sors d'une relation longue, je n'ai plus foi en ma capacité de plaire ou de séduire, je n'ai ni télé ni
internet pour me changer les idées quand ça va pas, et que je n'ai pas la possibilité ou l'envie de sortir de chez moi, j'ai changé d'environnement, de vie, je m'apprête à faire mon bout de
chemin seul alors que depuis quatre ans je composais à deux, j'ai peur de l'avenir, j'ai toutes ces questions identitaires... Bref, je pète un plomb littéralement. Et je n'arrive pas à me dire
que demain, dans une semaine, dans un mois, quelque chose d'à peu près correct puisse me tomber dessus. Je n'arrive pas à croire que ça puisse être mieux, même si j'ai du mal à croire que ça
puisse être pire (quoi que, ça peut toujours être pire aussi...). Je me demandais simplement le plus sérieusement du monde pourquoi je me foutais pas en l'air, là, maintenant, tout de suite. J'en
déduis que si je suis toujours là, c'est bien que j'ai encore l'espoir que ça puisse être mieux même si j'ai pas envie de grand chose. Ca me passera. Ca passe toujours. J'avais juste besoin de
l'écrire pour exorciser.
Ce week-end s'annonce bien, avec beaucoup d'alcool, beaucoup de joints, beaucoup de fêtes. J'ai un besoin vital de voir du monde, de tourner la page. C'est aussi pour ça que j'attends avec
impatience la rentrée de fac. J'aurais jamais cru dire ça mais il faut vraiment que je m'occupe et que j'arrête de ruminer... La page se tournera. Forcément....