Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /2008 03:56
Voilà, tout à l'heure en écrivant un mail j'ai repensé à mon ancien blog, http://avocatcrevette.unblog.fr. Et puis alors que j'ai passé une bonne soirée, la nostalgie, cette saloperie sournoise, m'est tombée dessus sans prévenir. Je me suis aperçu que beaucoup de gens appréciaient vraiment mon blog, qui n'avait pourtant rien d'exceptionnel. Mais lorsque j'ai annoncé la fin de ma relation avec Renard, et pour le coup la fin du blog, que je tenais en collaboration avec lui, les gens me disaient qu'ils étaient tristes pour notre séparation et pour ce blog. Moi je ne pensais pas que ça aurait cet effet là. Je ne pensais pas que ça les toucherait. Et ces petits mots gentils me sont allés droit au coeur...

Et puis je me suis rendu compte que ce blog ci était vraiment différent de l'ancien. Le ton est différent, je parle de choses différentes, je fais part des changements de ma vie mais il y a quelque chose en moins... Ce petit ton de légèreté? Je ne sais pas. J'ai peur par exemple que celui-ci devienne trop torturé, trop prise de tête pour les gens qui me lisent. A la fois, j'écris pour moi, mais il y aussi des gens en face qui me lisent et ça me chiffonnerait qu'ils soient largués ou qu'ils s'emmerdent en me lisant.

Mine de rien, avec avocatcrevette, même si je n'étais pas, je ne pouvais pas, être cent pour cent honnête avec moi-même (en partie aussi parce que des gens de ma famille y avaient accès), il y avait ce ton de légèreté en plus. Même quand Renard ne postait plus, c'était encore NOTRE blog, et je lui lisais souvent ce que j'écrivais en lui demandant ce qu'il en pensait. Qu'il aime ou pas ne changeait rien dans ma décision de publier ou pas, mais il y avait toujours cette petite quête de l'approbation. J'aimais qu'il me dise à la fin : "C'est joli" ou "C'est bien". Ca ajoutait à mon plaisir et mon bonheur d'écrire. Je savais que  quand ça lui plaisait, ça plairait aux autres, et c'était effectivement le cas la plupart du temps. Et puis malgré tout, comme notre couple était la toile de fond de ce blog, finalement je ne faisais pas étalage de ma vie privée à proprement parler. Je ne parlais que rarement de nous, mais je m'éclatais, ou je poussais des coups de gueule sans trop être clair sur ce qui se passait exactement dans ma vie. Ce n'est pas en fait que je n'étais pas "honnête", c'est que je passais certaines choses sous silence quand j'estimais que ça ne regarderait (ou n'intéresserait) pas les autres.

Et là, je me retrouve à tenir un blog seul, avec mes états d'âme et j'angoisse. J'angoisse de me livrer. J'angoisse en me disant que ce que trouvaient les gens sur l'ancien, il ne le retrouveraient plus ici, sur Chakitu. J'ai peur de finir par faire un blog totalement égocentrique et déprimant/déprimé. J'ai peur de perdre ce ton de légèreté, de ne plus avoir la spontanéité que j'avais avant, de ne plus m'énerver sur des trucs futiles ou pas, de ne plus rire ou faire rire, de ne plus rêver... Je sais que comme je n'ai actuellement pas le net et que la période que je traverse est vraiment pénible, il est normal qu'en passant en pointillés je ne puisse pas faire de billets vraiment spontanés. Ca reviendra sans doute, je l'espère, parce que je ne veux pas prendre une direction trop sérieuse ou trop intime finalement.

Voilà, là tout de suite j'ai la nostalgie du Nous. Finalement, Renard était un appui, une béquille, un repère, une épaule sur laquelle s'appuyer et compter depuis mes 15 ans. 4 ans plus tard, à dix-neuf ans, je dois apprendre à me faire face et à faire face au reste du monde seul. Et j'ai peur de ne pas réussir, de ne pas affronter, de ne pas supporter...

Je suis mort de peur.
Par Gaby - Publié dans : Nostalgique
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /2008 02:24
Après me relation, qui a duré plus de quatre ans, d'avec Renard, lorsque j'ai annoncé la rupture à ma mère, je voyais bien qu'elle voulait parler de quelque chose. Elle me disait qu'on en parlerait tranquillement quand je rentrerais un week, mais je lui ai dit que je ne savais pas quand je reviendrais chez eux, alors qu'on pouvait en parler aussi bien au téléphone. Elle m'a dit : "De toute façon j'ai l'impression qu'il se passe un truc avec Sandra. Non?"

Sandra. Sandra, je l'ai croisée il y a quelques mois sur un blog. Une fille chouette que j'aimais bien mais que je ne connaissais pas. On a échangé nos mails, comme ça, et je suis tombé des nues quand cette fille que je croyais plus âgée que moi n'avait en vérité que 18 ans. De là nous avons discuté un peu sur msn, et puis nous avons passé des nuits entières durant lesquels je pleurais de rire derrière mon pc. Il y avait un feeling énorme entre nous, et qui s'est avéré aussi fort en vrai, lorsqu'elle est venue chez Renard. Moi, je croyais que ce genre de choses n'arrivait qu'aux autres, que cette complicité qui pouvait unir deux personnes n'arrivait que dans les films. Parce qu'avec Sandra, ce n'est pas de l'amour, mais une amitié forte et intense. Je qualifie ça de " Coup de foudre amical". Avec Sandra, on s'est adoptés mutuellement, sans concessions. C'est la première, alors que je la connaissais à peine, à qui j'ai parlé de mes questionnements identitaires. C'est elle qui m'a accepté tel quel sans jamais me juger et qui a changé la première les pronoms féminins pour les pronoms masculins. Elle m'appelle Gabriel. Et Sandra a une façon toute particulière de crier "Mais arrêteuh, vieux pédé!!" à chaque fois que je la fais tourner en bourrique, ce qui arrive souvent. C'est con mais ces insultes spontanées sont le reflet de la manière dont elle me voit : un garçon, quoique féminin. Et quelqu'un qu'elle apprécie vraiment. On peut s'envoyer les pires salopries à la gueule, ce n'est jamais agressif et jamais mal pris par l'autre.

Souvent, je me dis, et je lui dis, que dans une autre vie, on se serait marié sans attendre. C'est une manière détournée de dire qu'elle est vraiment mon alter ego, que je me sens compris par elle et que je la place sur le même piédéstal que quelqu'un que j'aime d'amour. Il n'a jamais été question d'amour entre nous. Ca m'a troublé au début, j'avoue, c'était impressionnant et fusionnel, mais il n'y a rien d'amoureux ou de sexuel/sexué entre nous.  C'est une soeur, et avec elle, curieusement, je me sens très garçon. Je le vois dans son regard, dans sa manière qu'elle a de me parler. Et j'ai souvent un comportement à la fois taquin et protecteur avec elle. Elle est plus grande que moi mais je me sens souvent d'humeur protectrice avec elle, même si elle est suffisamment grande gueule et forte pour se protéger elle même. J'ai juste envie de prendre soin d'elle parce que j'ai besoin d'elle, et que c'est sans doute réciproque.

Je parlais souvent de Sandra à mes parents, à cause de la place importante qu'elle avait pris dans ma vie, en ne cachant pas le fait qu'elle est lesbienne. Comme j'ai coupé mes cheveux, adopté un look assez masculin et que je m'intéresse de très prêt à tout ce qui touche à la "culture" et aux combats homos, je crois qu'ils ont vraiment pensé que j'avais viré de bord. Dans ma tête, je pensais ironiquement : "Mais non maman, je suis pas lesbienne, j'suis pédé! J'veux juste devenir un garçon!"Class' comme Coming Out hein? Héhé!

Je croix aux coups de foudre amicaux et je pense qu'ils sont plus solides que les coups de foudre amoureux. Même si je pense que l'amitié et l'amour sont finalement assez similaires, j'ai envie de dire qu'avec elle j'ai les avantages d'un (vieux) couple, sans les inconvénients. Pas d'enjeux, pas de jalousie. Quoi que... si quelqu'un prenait ma place auprès d'elle, j'aurais les boules et j'aurais juste envie d'étriper l'usurpateur. Mais ça n'arrive pas souvent, chaque ami à une place particulière et je me fous qu'elle aime autant d'autres de ses amis pour la simple et bonne raison que l'amour n'est pas le même. Chacun sa place.

Et puis il y a quelques mois aussi, un peu plus tard, j'ai découvert le blog d'un garçon particulier sur le net. Particulier, je saurais pas trop dire pourquoi, c'était un "simple" blog d'états d'âmes, dans le genre du miens et j'aurais pu passer à côté sans trop de problèmes. Mais de la même façon que j'ai adopté Sandra, j'ai adopté J. Je l'ai lu et et j'ai suivi son évolution, son regard sur lui et son homosexualité qui changeait au fur et à mesure. On a fini par s'échanger des com de blogs à blogs, on se comprenait sur pas mal de trucs. Et puis on a échangé nos mails depuis deux jours. C'est court deux jours, mais je l'ai adopté sans concessions lui aussi. Aussi parce que, chose non négligeable, J. déteste Sarkozy au moins autant que moi (et pour ma part ce n'est pas juste détester mais haïr de toutes ses forces) et j'aimais bien lire ses posts sur la politique, toujours pertinents et bien engagés. On pouvait pas ne pas s'entendre ^^. Et puis depuis je me ruine en sms pour lui raconter des conneries.

Et bam, j'ai été confronté au deuxième coup de foudre amical de ma vie. C'est con mais à la fois je sens que ça va être bien la merde au niveau amoureux ces prochains temps pour moi, et pourtant je peux vraiment m'estimer heureux et chanceux de les avoir, Sandra et J. Parce que l'amitié n'a pas de prix pour moi. Et aussi pour la raison toute bête que J. est un coeur d'artichaut comme moi et qu'il a tendance à tomber amoureux tous les quatre matins. Je sais au moins qu'avec lui le courant passe bien là dessus et qu'on pourra déprimer à souhaits en sachant qu'on se comprends bien.

Voilà. Je voulais juste dire à ces deux tarés que ce sont des anges et que j'ai une chance inouie de les connaitre.

Et merci d'être là.
Par Gaby - Publié dans : Réflexions et états d'âme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /2008 14:50
Entre le monde et moi il n'y a...rien. C'est comme si je n'avais pas de peau. Pas de carapace. Rien pour me protéger du monde extérieur. Le moindre soucis, la moindre merde, je me la prends en pleine face. Comme si j'étais à vif. Une hypersensibilité au malheur. Et une très mauvaise résistance.
Après avoir tenté d'appeler le serveur de samedi, j'ai eu droit à un charmant sms (hier donc), pour le moins expéditif : "Je crois en fait que c'est pas du tout une bonne idée. Désolé de t'avoir fait croire le contraire."

Courageux, n'est-ce pas? J'ai demandé un semblant d'explication mais il n'a pas cru bon de répondre. Je devrais me dire : tant pis, y'en aura d'autres. Sauf que, sur le coup, seule comme une conne dans mon appart', j'ai littéralement craqué. Toute la tension accumulée depuis ces derniers mois s'est déversée d'un coup et le barrage de larmes à cédé. Je n'ai fait que ça: pleurer, pleurer, pleurer. Comme si c'était tout mon univers qui s'éffondrait. Je ne le connais pas, et ce n'est pas à lui que j'étais attaché. C'était à l'idée de plaire, à l'idée qu'un autre garçon que mon ex avec qui je suis resté plus de quatre ans soit intéressé par moi. J'ai perdu foi en ma capacité de plaire. J'ai tendance à me croire invisible. Là, ça me faisait un bien fou de voir cette jolie lueur dans le regard de l'autre. Ca me faisait du bien et j'ai tout misé sur ce parfait inconnu. Au lieu de me préserver et de m'armer un peu, j'ai baissé la vigilance et je me suis livré corps et âmes. C'est sans doute ça qui l'aura fait fuir. Peut-être qu'il aura vu que j'attendais trop de lui, et il est évident que ça ferait fuir n'importe qui. J'ai du mal à exister par moi-même. J'ai du mal à être une personne à part entière. Je crois trop que mon bonheur ne dépend que des autres.

J'aurais préféré qu'il dise non tout de suite. Pas après coup. Pas après m'avoir laissé mariner. Voilà. C'est tout. J'ai un peu honte d'avouer tout ça comme ça, ça fait un peu désespéré, mais j'ai juré d'être honnête sur ce blog, même quand c'est pas beau à voir. J'ai pas encaissé le coup et je me suis effondré. Fin de l'histoire. Ca me passera, c'est sur. N'empêche que, quand on y regarde bien, d'un point de vue purement objectif, c'est rien du tout ce qui m'arrive. Ca arrive dans la vie de tout célibataire qui se respecte. On se prend des mini claques dans la tronche et on repart parce qu'au final y'a pas mort d'homme, loin de là. Mais je me demande bien, quand je vois à quel point j'ai déchanté, ce qui se passera le jour où il m'arrivera quelque chose de vraiment grave? Comment est-ce que je vais réagir si déjà je m'effondre pour un truc aussi petit?

Toute la nuit, alors que j'étais épuisé par ce rhume et par les larmes, j'étais en train de me demander pourquoi je continuais. Pourquoi je continuais à vivre. Pourquoi est-ce que je ne trouvais pas la force de mettre fin à tout ça. Je sais que c'est un ensemble, une sale période. Je sors d'une relation longue, je n'ai plus foi en ma capacité de plaire ou de séduire, je n'ai ni télé ni internet pour me changer les idées quand ça va pas, et que je n'ai pas la possibilité ou l'envie de sortir de chez moi, j'ai changé d'environnement, de vie, je m'apprête à faire mon bout de chemin seul alors que depuis quatre ans je composais à deux, j'ai peur de l'avenir, j'ai toutes ces questions identitaires... Bref, je pète un plomb littéralement. Et je n'arrive pas à me dire que demain, dans une semaine, dans un mois, quelque chose d'à peu près correct puisse me tomber dessus. Je n'arrive pas à croire que ça puisse être mieux, même si j'ai du mal à croire que ça puisse être pire (quoi que, ça peut toujours être pire aussi...). Je me demandais simplement le plus sérieusement du monde pourquoi je me foutais pas en l'air, là, maintenant, tout de suite. J'en déduis que si je suis toujours là, c'est bien que j'ai encore l'espoir que ça puisse être mieux même si j'ai pas envie de grand chose. Ca me passera. Ca passe toujours. J'avais juste besoin de l'écrire pour exorciser.

Ce week-end s'annonce bien, avec beaucoup d'alcool, beaucoup de joints, beaucoup de fêtes. J'ai un besoin vital de voir du monde, de tourner la page. C'est aussi pour ça que j'attends avec impatience la rentrée de fac. J'aurais jamais cru dire ça mais il faut vraiment que je m'occupe et que j'arrête de ruminer... La page se tournera. Forcément....

Par Gaby - Publié dans : Réflexions et états d'âme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /2008 22:49
"Pourquoi, après une âme, nous avoir offert un corps? J'aurais mieux aimé n'être qu'une âme ou seulement un corps, mais pas les deux à la fois!"
                                                                            Armand Salacrou

Ce Monsieur Salacrou, je ne le connaissais pas. En farfouillant sur internet à la recherche d'une citation, je suis tombé sur cette perle. En fait, ça tombait pile poil et ça résumait à la perfection ce que j'avais dans la tête. Difficile de faire mieux. Il y a surement beaucoup à dire sur cette phrase, et en même temps elle dit tout.

En fait voilà, je ne sais pas par où commencer mais on pourrait dire que ça à commencé il y a quatre mois environ. Je ne sais pas trop comment c'est venu, mais c'est venu. Un jour, j'ai commencé à me demander si ce que j'avais dans la tête était bien raccord avec mon corps. Entendez : Est-ce que mon genre était adapté à mon sexe? Je suis biologiquement une fille mais je n'aime pas spécialement être une fille... Je n'ai pas envie de parler de transsexualité même si c'est le mot que j'ai choisi parfois pour expliquer l'état dans lequel je me sens à certains moments. J'alterne périodes de certitudes absolues avec moments de doutes excécrables. Biologiquement je suis une fille. Je ne peux pas dire que dans ma tête, c'est à 100% garçon. Disons qu'il y a des deux et que c'est avant tout mon corps qui me fait défaut. Je ne sais pas si c'est parce que je n'ai pas accepté ma féminité ou si c'est vraiment un problème de fond. Pendant quatre mois l'idée m'a obsédé.

J'ai fini par aller sur des sites LGBT pour commencer ma vie de garçon, d'abord en virtuel, puis avec des membres du forum sur Paris, surtout que j'ai enfin réussi à m'implanter dans la capitale depuis deux semaines. Idéal pour vivre sans préjugés et se construire seul. Il y a toujours quelqu'un pour vous accepter comme vous êtes à Paris. J'ai donc coupé mes cheveux, acheté des vêtements de garçons, masqué ma poitrine sous des bandes adhésives dès que je mettais un pied dehors, j'ai fait connaissance avec des personnes sympas et j'ai mené ma vie tranquillou.

Evidemment je ne suis sur de rien. C'est possible que ce ne soit qu'un passage obligé pour me construire et que tout rentrera "dans l'ordre" une fois que j'aurai fait cette introspection de moi. Et il est aussi possible qu'un jour je me rende compte que mon bien être ne passera que par les hormones et une opération. Je n'en sais rien. Je le saurai bien un jour. Je pourrais dire que je m'en fous. En fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Et je m'en suis rendu compte lors de deux brèves rencontres que je vais vous raconter.

Fraîchement célibataire, j'ai commencé à sortir très régulièrement, à picoler aussi, histoire de m'amuser un peu plus, de me déshiniber. J'ai aussi repris la fumette. Pas de façon régulière mais parti comme je suis, je pense que ça ne saurait tardé. Je crois que d'une certaine manière, moi qui ait souvent pensé à des solutions radicales comme le suicide mais qui n'a jamais passé le pas parce que je m'accroche à la vie coûte que coute, je cherche un moyen de me foutre en l'air à petit feu, l'air de rien. Soyons lucides, il y a l'attrait de l'état second durant lequel on se déshinibe, et l'envie, sans doute, de se foutre en l'air un peu. L'air de rien. On prends le risque de se faire vraiment beaucoup de mal. En fait, à l'heure actuelle, je suis comme quelqu'un qui ne sait pas nager et qui se laisse couler. Parfois j'ai un sursaut et je remonte à la surface pour reprendre de l'air. Ca maintient en vie. Le reste du temps j'attends de couler un peu plus. Je ne m'agite que quand la situation est critique. Je me laisse vivre et je ne prends aucune responsabilité. Ca viendra surement, maintenant que je vis seul. Mais pour l'instant je pars vraiment en couilles.

Bref. Et evidemment, j'ai recommencé à flirter, à draguouiller, à faire les yeux doux et à me prendre le chou pour de parfaits inconnus. La première fois, ça a été au Tango, une boîte gay dont m'avait parlé des amis. ll y avait un mec, plutôt mignon sans être magnifique (j'entends par là que d'un point de vue plastique il y avait vraiment mieux) qui, en y regardant de plus près, m'a fait un effet dingue. On dansait tous collés/serrés, mais là c'était quand même nettement plus ambigu. Est-ce parce que j'ai voulu y voir une ambiguité? Je sais pas. Le fait est qu'il est gay et que j'étais habillé en garçon (avec les bandes et caetera...) et que je me suis présenté à lui comme tel lorsqu'on l'a croisé lui et ses amis en allant dans la boite. On a discuté, je lui ai papouillé les cheveux et la nuque alors que nous étions assis sans qu'il n'y trouve rien à redire, bref, c'était un chouia perturbant. Sauf que j'ai quand même une morphologie de fille. Biologiquement j'en suis une. Le fait est que ce soir là je me sentais plus mâle que femelle et qu'il arrive, parfois, que des trans non opérés (par exemple un FtM, Female to Male) rencontrent des filles parfaitement hétéros qui vont au delà de l'apparence sans remettre en doute leur orientation sexuelle. Bref, je ne pense pas que ce soit ça et même si c'était ambigu, l'alcool aidant des deux côtés, j'ai surement du me monter le bourrichon pour rien. Ce qui était le plus perturbant, c'était de ne pas savoir s'il voyait la fille où le garçon. Et de ne pas savoir si c'était une fausse drague "pour rire" (haha, je suis mort de rire) ou s'il y avait, effectivement, quelque chose derrière. Passons, ce n'est finalement pas ce qui m'a le plus perturbé.

Ce qui m'a vraiment perturbé, c'est une "rencontre" avec un autre garçon hier, à un mariage. Un serveur, vraiment mignon, dont j'ai le numéro et dont j'attends le coup de fil. Je ne vais pas tout expliquer, ce serait bien trop long. Je vous le rassure, je ne vous bassinerai pas avec mes amourettes et flirts de passages. Mais disons que celui-ci est trop important pour que je le passe à la trappe. En gros, il me plaisait, je lui plaisais, j'étais bourrée, et en y repensant, j'ai peur d'en avoir trop fait (à lui tourner autour), alors que ça n'avait ni l'air de le déranger bien au contraire. Reste à savoir s'il rappellera. Lui, c'est encore plus particulier, puisque les échanges de regard, les sourires, les quelques mots échangés, l'attirance, était somme toute mutuelle. Je lui plaisais, il me plaisait. Sauf qu'évidemment, il voyait la fille. Loin de me déranger, la sensation de plaire à quelqu'un qui m'attire m'a foutu dans un état pas possible de fébrilité. Déjà parce que je sors d'une relation longue de plus de quatre ans et parce que j'avais fini par intégrer l'idée que je ne plairais à personne d'autre que mon mec. C'était donc flatteur. Et parce qu'ensuite je ne pensais pas plaire à un aussi beau mec. Je pensais être invisible pour ce genre de mecs... Et là tout d'un coup je voyais une lueur d'intéret s'éveiller dans le regard, le joli sourire et ça me faisait sourire encore plus. Ca m'a rendu un plus (trop?) entreprenante, d'autant plus que j'ai perdu tous les "reflexes" de drague. Bref, alcoolisée je ne pensais pas être super subtile mais en partant il a demandé à la receptionniste du chateau de me dire qu'il attendait mon coup de fil pour avoir mon numéro. On ne s'est pas revus entre temps. Je me laisse donc le loisir de croire que je lui ai plu. Et qu'il rappellera (non, je ne guette pas mon téléphone, pas du tout!).

Voilà en gros, le dilemme en face duquel je suis confronté. Je n'arrive pas à me sentir totalement homme ou femme. Un jour c'est l'un, un jour c'est l'autre. Disons que séduire en étant féminine, puisque biologiquement je suis une fille, est beaucoup plus facile. J'ai aimé le regard du garçon du mariage,  qui est hétéro ,comme j'ai été troublé par le comportement à mon égard de celui qui aimais les hommes.

Au final, que ces mecs soient, ou non vraiment intéressés par moi, ne change pas grand chose. Ce qui change c'est le bien-être troublé que j'ai ressenti dans ces deux situations et particulièrement dans la seconde alors qu'il y a encore quelques jours j'étais prêt à vendre tous mes vêtements de fille.

Et puis aujourd'hui j'ai beaucoup réfléchit. Je me suis demandé si, à l'heure actuelle, alors que je n'ai que 19 ans, j'avais vraiment besoin de me définir dans un genre particulier. Si je n'avais pas, au final, le droit de ne pas avoir à me justifier auprès des gens, auprès de la société en général. La société ne reconnait que les hommes OU les femmes. C'est quand même bien négliger le genre humain et sa complexité. Je suis biologiquement féminine mais parfois je me sens très garçon, comme d'autres fois je me sens très fille. Je suis profondément intergenre. Ca dépend du moment. Je suis un intergenre de sexe féminin. Je peux jouer avec ça, trouver mon équilibre. Je peux, j'ai le droit, de jouer sur les deux tableaux, tout en étant à la fois Gabriel ET Sophie, même si ça perturbe (moi y compris), même si ça choque, même si la plupart des gens aimeraient bien, une bonne fois pour toute, me caser dans une case "garçon" ou "fille". Ce que je dis n'est sans doute pas très clair à première vue, mais si vous en avez le courage, vous aurez des éclaircissements dans les posts qui suivront. Je me fous que vous m'appelliez "il" ou "elle". A vous de voir si vous préférez me considérer comme une fille ou comme un garçon. Moi, je prendrai la simple précaution de ne pas me ranger dans une case. Parce que finalement, ça m'emmerde ce besoin absolu de définir quelqu'un de telle ou telle manière, comme si un terme définissait un être.

Je ne me définis pas. Pas pour le moment en tout cas. C'est plus facile comme ça. Il m'aura fallu toute une journée de cogitation pour pouvoir me dire que je n'ai pas à me justifier auprès de qui que ce soit dans la manière dont je me perçois. Ca ne regarde que moi. Je ne vais pas passer encore des mois à attendre de vivre en me disant que ça aurait été mieux si j'avais été un garçon. Pour l'instant, j'attends, je fais avec ce que j'ai, avec mes armes, et je vis. Je suis mal, c'est quand même stressant de ne pas pouvoir soi-même expliquer ce qu'on est réellement. C'est dur parce que je suis démuni quand certaines personnes me posent des questions sur mon genre, la manière dont j'envisage l'avenir.

Comment pourrais-je être clair avec les autres alors que je ne le suis déjà pas avec moi-même?


Découvrez Rufus Wainwright!
Par Gaby - Publié dans : Réflexions et états d'âme
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Présentation

  • : "Pourquoi, après une âme, nous avoir offert un corps? J'aurais mieux aimé n'être qu'une âme ou seulement un corps, mais pas les deux à la fois!" Armand Salacrou
  • chakitu
  • : Vie perso / Journal intime
  • : Schizophrène dysphorique du genre. Ou à la recherche de mon identité sexuelle. Bref, ce blog va être un joli merdier à peu près représentatif de ce qui se passe dans la bouille qui me sert de cerveau.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Catégories

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus